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De l'utilité de l'amour et de sa nécessité pour le murîd

La principale condition de cette haute tarîqah est l'amour. Car c'est l'amour qui inspire et nourrit la signification même de cette tarîqah, à savoir la soumission[à Dieu] accompagnée du sacrifice[sincère] et de l'humiliation de soi-même(de l’égo).

Abu Bakr reçut du Prophète la primauté dans cette tarîqah par la force du poids de l'amour. Puis la transmission passa de lui aux autres sheikhs par la force de l'amour, et c'est pour cette raison que cette voie s'appelle tarîqat-al-jadhba, c'est-à-dire celle qui transmet et attire par les flux[d’amour]. Parce que la pression du flux est à l'origine de l’attachement à quelqu'un de particulier. Sans amour, il n'y a pas de pression du sentiment et sans cela on ne pourra le fixer(l’amour) sur quelqu'un de particulier. L'amour, par son essence, éloigne le murîd de lui-même et lui permet de s'annihiler dans son sheikh ; autrement dit, l'amour fait fondre le murîd dans son sheikh à tel point qu'aucun désir ou pensée ne peut apparaître chez le murîd sans[qu’il soit conforme] à la volonté du sheikh. Alors l'amour aspire tout ce qui existait dans le sheikh (l’amour du Prophète ainsi que la connaissance et la contemplation d’Allâh) et le transmet au murîd et ce dernier devient une copie de son sheikh. L'amour, pareil à un aimant, attire toutes les qualités de l'aimé vers l'amant et chacun d'entre eux devient pareil à l'autre.

Mais un pareil amour n’appartient pas à la catégorie des acquisitions ; il est un don spécial de Dieu par lequel Il récompense Ses serviteurs. On ne peut pas obliger quelqu'un à l'acquérir, car la contrainte ne provoquerait que dégoût et hostilité.

Le sheikh Sarî as-Saqatî a dit : « L'amour n'apparaît pas entre deux êtres avant que l'un ne dise à l'autre : je suis[totalement à] toi. » Le murîd se doit d'aimer son sheikh, qui devient l'intermédiaire(la porte d’entrée) entre lui et Dieu afin qu'il puisse Le contempler. Le sheikh est le miroir dans lequel se reflètent la vérité et la Présence de Dieu. Quand le murîd aime son sheikh, alors se manifestent en lui les qualités [du sheikh], lui-même commence à contempler le Seigneur, Dieu sans passer par l'intermédiaire du sheikh et il devient parfait comme le sheikh dans toutes ses qualités. En bref, le murîd se rapproche du sheikh conformément au degré de l'amour et cet amour(s’il est véritable)  est suffisant pour s'approcher de Dieu. C'est pour cela que l'amour de ce groupe [des adeptes de la tarîqa] est réelle et il mène à la Vérité [Al-Haqq].

Textes de Sayyid Jamal-ud-dîn al Ghumuqî

Tiré de l’ouvrage « Le soufi et le commissaire » paru aux éditions Le Seuil

 

 
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