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Explication des bases de cette voie (la tarîqah) sayyid Jamal d-din al ghumuqî- 2ème partie

3cheikh.jpgExplication des bases de cette voie (la tarîqah) que le murîd doit observer

Celui qui pénètre dans cette voie doit protéger son cœur de l'oubli, afin que son cœur soit constamment avec Dieu à chacune de ses respirations. Protéger la vigilance dans la respiration amène le cœur à sentir Dieu dans la vie, car chaque inspiration et chaque expiration avec le souvenir de Dieu donnent la vie qui mène [le murîd] en présence de Dieu, tandis que chaque inspiration et chaque expiration faites dans l'oubli forment une respiration de la mort qui interrompt la communion avec Dieu. Mais protéger constamment la respiration de l'oubli est chose difficile pour les néophytes qui adhèrent à la tarîqah. C'est pour cela qu'en cas du moindre oubli, ils doivent demander pardon à Dieu en disant : « Pardon, ô Seigneur » Astaghfiroullâh, car ces paroles purifient la respiration et les dirigent vers le bien.

Quand le murîd marche, il doit regarder ses pieds devant lui et ne pas se détourner pour que les images des divers objets ne se fixent dans sa mémoire et ne forment un voile sur son cœur. La plupart du temps, les images des objets fixés dans son cœur deviennent un voile, car les cœurs purs sont comme des miroirs qui reflètent toutes les qualités bonnes ou mauvaises, et les pensées venant d'un cœur grossier se traduisent d'un seul regard sur son visage. Le murîd doit s'élancer de la créature vers le Créateur, comme l'a dit Ibrahim, « je marche vers mon Dieu et non d'une ville vers une autre ».

Un tel voyage est appelé le voyage intérieur. Le sage sheikh de Termidh ne permettait pas à ses murîds de voyager et leur disait : « La clé de toute bonté, la clé de toute bénédiction est la patience devant le désir. Quand se manifeste en toi le début de la bénédiction, tu iras vers Dieu, que ce soit en marchant dans la nature ou en restant immobile. » Le sheikh Abu Bakr ad-Daqâq a dit : « Les malheurs du murîd proviennent de trois actions : Le mariage, l'étude des livres juridiques inutiles et le voyage avant le perfectionnement de soi-même. »

Le cœur de celui qui pénètre dans la voie doit être constamment en présence de Dieu et, se trouvant parmi les hommes, s'éloigner du monde. Cela s'appelle murâqaba.

Sache que la solitude (khalwah) peut être de deux sortes, la solitude naturelle ou extérieure et la solitude intérieure, c'est-à-dire la contemplation des mystères de la Vérité. La première, la solitude extérieure, s'exerce par rapport aux hommes, afin que le monde ne distraie pas le murîd de la contemplation intérieure par laquelle il devient une créature détachée de tout[autre que Dieu]. La solitude intérieure est la solitude véritable et elle appartient exclusivement à la tarîqah Naqshbandiyya, parce que ses adeptes ne s'égarent pas dans la nature mais s'isolent intérieurement, comme le disait notre maître Bahâ-ud-dîn Naqshband : « Notre tarîqah est une assemblée et une bonne union. » Tariqatouna as-Sohba wal khayri fil jam’iyâh

Pour atteindre le stade de la murâqaba, le murîd doit prononcer avec la langue la formule de négation-affirmation : « II n'y a d'autre dieu que Dieu », un certain nombre de fois par jour :5000 ou 10 000 ou même plus ; car son cœur, comme les autres parties de son corps, est soumis à la rouille. Quand la langue prononce cette formule de négation-affirmation, le cœur se purifie de la rouille et atteint l'état de vigilance et, au-delà, celui de la contemplation de Dieu.

En prononçant la formule de négation-affirmation, le murîd doit diriger ses pensées vers la noble sentence ci-après : « ô Dieu, Tu es l'objet de mes aspirations et Ta satisfaction est ce que je désire » Ilahî anta maqsudî wa ridhaka matloubî, parce que ces mots renforcent la signification de la formule négative-affirmative et accordent au cœur de celui qui accomplit le Dhîkr, le mystère de l'unicité de Dieu, à tel point que dans son regard disparaît l'existence du monde et ne subsiste que l'existence de Dieu Unique.

Pendant le Dhîkr, le murîd doit garder dans son cœur la compréhension exacte de la signification de la formule négative-affirmative Lâ ilâha illa-Allâh, car si le cœur n'est pas rempli entièrement par elle, des pensées extérieures pourraient y pénétrer, et alors le cœur n'atteindrait pas le but du Dhîkr, à savoir sa communion avec l'objet du Dhîkr. La protection du cœur de toute pensée extérieure, ne serait-ce que durant une heure, est une grande action pour les adeptes de la tarîqah. Durant le Dhîkr, la rétention de la respiration doit préserver la présence de Dieu dans le cœur de l'adepte. Certains pensent que le murîd doit maintenir la présence de Dieu dans son cœur en tous temps, mais ceci relève du stade de la murâqaba.

Le murîd doit s'arrêter de temps en temps et chercher à connaître quel moment est passé en présence de Dieu et quel autre dans l'oubli. Quand vient l'oubli, il doit l'écarter en disant : « Pardonne moi, ô Dieu » et il doit reporter ses pensées vers Dieu et se fixer en Lui. La vie d'un homme qui n'observe pas ses obligations en ce qui concerne le Dhîkr Allâh et l'accomplissement des prières devient insignifiante et s'abîme dans les péchés et l'oubli. La connaissance des moments du temps et leur préservation de tout ce qui est contraire à Allâh, et la constance dans l'accomplissement des prières sont parmi les plus hautes qualités d'un murîd.

Pendant le Dhîkr, le mûrid doit retenir son souffle et prononcer la formule négative-affirmative un nombre impair de fois : trois, cinq, sept, etc., jusqu’a vingt et un, pendant chaque respiration. Quand le murîd atteindra le stade où il pourra prononcer un nombre impair donné de la formule en un seul souffle, il doit considérer le résultat. S'il obtient quelque résultat, alors tant mieux, mais s'il n'obtient aucun résultat, alors c'est à cause de quelque manquement aux règles. Le murîd doit recommencer, en s'efforçant d'observer rigoureusement toutes les règles prescrites.

De la même façon, celui qui pénètre dans cette voie doit observer son cœur pendant le Dhîkr afin de le protéger de l'oubli et des pensées extérieures car tant qu'une pensée extérieure subsiste en lui, le cœur ne peut se présenter devant l'objet du souvenir (Allâh), même si l'on se souvient de Dieu durant toute la vie. Tandis que si le murîd surveille son cœur et le dirige entièrement vers l'Unique, alors s'accomplit en lui l'anéantissement de soi-même en Dieu ; il atteint alors le stade où il ne sent ni sa propre existence ni l'existence d'un autre hormis le Créateur, et quand il aura atteint ce stade, alors tout sera accompli.

 

Tiré de l’ouvrage « Le soufi et le commissaire » paru aux éditions Le Seuil

 

 

 

 

 
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