Galerie Photos

Accueil arrow Articles arrow La dimension spirituelle en Isl
La dimension spirituelle en Isl Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
La dimension spirituelle en Isl
Page 2

dome20sm.jpg

La dimension spirituelle en Islâm

 

La situation du monde actuel nous montre que sur le plan spirituel on assiste, d’une part, soit à une désacralisation soit à un intégrisme ou la lettre remplace l’esprit et, d’autre part, sur le plan des conceptions scientifiques à un éparpillement sous forme de cloisonnement ou de parcellarisation.

En séparant les sciences de toute référence à un principe sous prétexte d’une indépendance, le monde moderne leur enlève toute signification profonde. Coupée d’avec la vérité transcendante, elle est,  à vrai dire, venant de rien et menant à rien. Il en est de même pour les institutions sociales où l’on a séparé le temporel du spirituel et l’allégorie de l’aveugle et du paralytique est là pour nous rappeler que l’action sans la connaissance est vaine. Mais, avant tout, que faut-il entendre par connaissance et quelle démarche doit-on y adopter pour arriver ? Pour cela, il nous faut partir de principes  et donc descendre graduellement aux divers ordres en observant toujours la dépendance hiérarchique qui existe entre eux. Or ce travail ne peut-être fait que par une élite, au sens rigoureux du terme, et qui considérera la connaissance tout comme l’action comme complémentaire et non pas opposés.

L’objectif n’est autre que la restauration d’un état de primordialité appelé « fitrah », état qui est considéré comme celui de l’homme véritable. Et le soufi n’est que celui qui a accompli ce cheminement jusqu’à cette restauration.             

En effet, comme le soufisme est une doctrine qu’on ne peut acquérir au moyen d’une connaissance livresque, il nécessaire de dire qu’elle s’adresse à une élite non pas en vertu dune décision arbitraire mais parce que tout le monde ne possède pas certaines prédispositions ou  aptitudes innées. C’est pourquoi l’on voit beaucoup d’appelés et peu d’élus. Quoiqu’il en soit, ce que le disciple reçoit lorsqu’il s’engage par le pacte initiatique (’ahd), avec un maître spirituel et qui marque son entrée dans la voie, est comparable à une graine mise en terre qui peut croître en fonction de ses prédispositions et grâce à la direction spirituelle d’un maître autorisé.

           D’autre part, Il ne faut pas penser selon une opinion courante qu’à notre époque, il ne puisse plus subsister de guides spirituels qualifiés et autorisés. En effet, quelque soit l’état de dégénérescence spirituelle du monde actuel, les déviations ou les impostures que l’on peut constater ou encore les conditions particulières de vie de notre époque, la recherche de tous ceux dont le cœur est animé par un désir ardent de connaissance ne peut rester sans réponse. Sinon, c’est affirmer non seulement que la possibilité de la voie initiatique n’existe plus, mais plus gravement encore, que la miséricorde divine a abandonné l’humanité et nous avons de nombreuses traditions prophétiques qui témoignent de la présence et de la permanence de ces hommes spirituels.

adabyahu-1.jpg

 

La voie Naqshabandi

             La voie NAQSHBANDI compte parmi les grandes confréries du soufisme qui ont exercé une influence historique prépondérante, parce que durable sur le développement du soufisme en islam. Sa très large diffusion dans le monde musulman contemporain, où son rayonnement spirituel est encore considérable, atteste une vitalité que l’usure du temps n’a pas entamé. On sait que d’autres confréries non moins anciennes et fameuses ont fini par s’éteindre. Au contraire, la tarîqa NAQSHBANDI est de celles qui ont survécu. Précisons aussi que le respect notoire des soufis naqshbandis pour la loi canonique et la sunna lui ont évité dans une large mesure des tracas de l’autorité religieuse officielle. Mais si les NAQSHBANDI ont pu faire tant d’adeptes et étendre leurs ramifications depuis la Syrie jusqu’à l’Inde en passant par la Turquie c’est essentiellement grâce à la valeur intrinsèque de leur voie ou méthode spirituelle. Essayons d’en relever quelques aspects caractéristiques ici même. Il est bon de rappeler que les NAQSHBANDI font partis des confréries orientales de l’islam. Originaire d’Asie centrale, leur foyer primitif fut Boukhara, une des métropoles de l’ancien royaume de Khawarezm. De plus, leur arbre généalogique complexe comporte, parallèlement à l’isnad à Abu-bakr as-sadiq un isnad imamique remontant au Prophète par l’intermédiaire des six premiers imams shi’ites, depuis l’imam Jafar sadiq jusqu’à Ali.   Bien que la confrérie se soit constituée en tant que tariqua régulière à Boukhara dans la seconde moitié du 14 ème siècle (8ème siècle de l’hégire) sous l’impulsion de Ba’hâ ud-din naqshbandi (1318-1389) qui lui a donné son appellation de naqshbandiyah, (mot composé de deux idées, naqsh qui signifie " la gravure " et suggérant le fait de graver le nom d'Allah dans le cœur, et band qui signifie "le lien " entre l'individu et son Créateur), son organisation, ses institutions propres et ses origines sont plus anciennes. Elles remontent en fait à Abdel-khaliq Ghudjwanî (mort en 1220) que les naqshbandis vénèrent comme le chef spirituel de leur silsila. 

à suivre ...



 
< Précédent   Suivant >