Galerie Photos

Accueil arrow Articles arrow Shah Baha-ud-din Naqshband Mohammed al Uways
Shah Baha-ud-din Naqshband Mohammed al Uways Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

                                     namaz.jpg        SHAH BAHA AD-DIN NAQSHABAND

 

               ( Extrait  du «  Jaillissement de la source de Vie », du Sheykh ‘Alî ben Husîn  al-Wâ’idh  al-Hurwy)[1]

                   

 

 

 

Date de naissance:  718 H.

En 721, disparaît Azizan Alî Ramatâni. De Bahâ ad-dîn, il est dit que la lumière de la guidance et de la proximité divine ( liwalâyati wâshah) émanait de son front dés son enfance. Sa mère relate que lorsqu’il eut 4 ans, il pointât son doigt en direction de l’une des vaches de la ferme et prédit que celle-ci aurait un veau au front brillant, ce qui fut le cas. Pour ce qui est de la réalité spirituelle,( mâ yahsabul-haqîqah ) il a été éduqué par l’esprit d’Abd al-Khâliqul-Ghujdawânî comme cela est bien connu, en tant que fait initial, prémice de tous ses états. IL n’échappe à personne que certains Shuyûkh de la Silsilah des Khawâjagan - qadas Allâh sirra hum- pratiquaient le dhikr khafî[2] et le dhikr à voix haute, cela depuis l’établissement du Khawâja Mahmûd  al-Angîr Faghnawî jusqu’à l’époque d’Amîr Kulâl. On les appelle dans cette noble chaîne, ceux qui pratiquent le dhikr à voix haute. Lorsque  vint le temps de la manifestation du khawâjah Bahâ ad-dîn –qadas Allâh sirra hu – qui reçut l’autorité de la Rûhâniyah de la part de [l’esprit] du Khawâjah Abd al-Khâliq. Il reçut [par là-même] l’ordre d’agir selon le «‘izîmah »( bil’izîmah ). Par conséquent, il choisit le dhikrul-khafîh  et s’écarta du dhikr à voix haute (dhikrul ‘alâniyah). Ainsi, chaque fois que les disciples (ashâb) d’Amîr Kulâl pratiquaient le dhikr jahrî (à voix haute), il se levait et sortait. Ce comportement était mal vu d’Amîr Kulâl. Mais le Khawâjah ne se préoccupait pas de cela et ne cherchait pas à se justifier. Par contre, il ne négligeait rien pour tout ce qui concernait le service envers son maître, il travaillait et restait toujours près de lui, ne sortait pas du taslîm (Lâ yakhriju ras) ni de la volonté du joug de la servitude envers le shaykh.

Chaque jours, Amîr kulâl se tournait d’avantage vers (hadrah) le khawâjah. Certain disciple se sont laissé aller à la critique à l’égard de Bahâ ad-Dîn en exposant quelques uns de ses états pour en souligner l’imperfection. Cependant l’Emîr ne leur répondit rien en cette circonstance jusqu’à ce que soient réunis tous les disciples anciens et nouveaux, c’est à dire à peu près cinq cent personnes dans le village de Sûkhâr, remplissant de la sorte la mosquée et d’autre demeures.

Une fois réuni autour de l’Emîr, celui-ci s’est tourné en direction de ceux qui médisaient sur le Khawâjah. Vous avez eu de mauvaises pensées concernant le cas de Bahâ ad-Dîn. Il dit : « Vous avez eu de mauvaises pensées concernant mon fils Bahâ ad-Dîn et vous vous êtes égaré en assimilant ses états à l’imperfection, alors que vous ignorez tout de ce qu’il est (amr). Vous ignorez tout ce qui concerne son cas, vous n’avez pas mesuré sa « valeur »(destin) car le regard du Vrai (haqq) englobe tout son être constamment et le regard de l’élite des serviteurs d’Allâh suit le regard du Vrai. Ors, je ne m’efforce pas, ni n’ai le choix dans le regard que je maintiens sur lui.

A ce moment là, le Khawâjah était occupé. L’Emîr le fait demander et s’adressant à lui, il dit ; « Mon fils, O mon fils, Bahâ ad-Dîn, j’ai rempli mon devoir concernant l’ordre de Bâbâ as-Sammassi à ton sujet, lorsqu’il m’a dit ; « J’ai fait tout mon possible pour t’éduquer. De même, toi, ne sois pas défaillant quant à l’éducation de mon fils Bahâ ad-Dîn ». J’ai accomplis ce qu’il m’a ordonné. Il a montré sa noble poitrine et il a dit ; j’ai vidé le sein de la connaissance pour toi et ainsi a été délivré l’oiseau (de ton esprit) de l’œuf de la nature humaine et le faucon de ton « Himmah » ( ferveur spirituelle) évolue dans les hauteurs et je t’autorise à présent à visiter les contrées.

Si tu parviens [à recevoir ] le goût  des connaissances venant des turcs et des tadjiques, prends les et n’hésites pas à les demander par le moyen de ta himmah. Le khawâjah a dit que ces paroles, venant de la présence de l’Emîr, ont été la cause de son épreuve ; « Car si j’étais resté dans l’obéissance convenue à l’égard de l’Emîr, je me serais tenu éloigné de l’épreuve et aurait été protégé par la sauvegarde.

 Après cela, il fréquenta Mawlana Arifân sept ans puis le Shaykh Qatham et Khalîl Atâ durant douze années puis il est parti à la Mecque deux fois, la deuxième fois en compagnie de Mohammad Parsâ. 

Arrivé à Nîshâpûr, il a envoyé Mohammad Parsâ et ses disciples (âsahâbuhu) par la route vers Nîshâpûr tandis que lui-même se rendit à Hérat afin de rencontrer Mawlânâ Zîn ad-Dîn Abu Bakr At-tâ’îbâdâ avec lequel il resta trois jours. Il se dirigea ensuite vers le Hijaz et retrouva les disciples-compagnons à Nîchâpûr. Il resta un temps à Merv et rentra enfin à Bukhara pour y demeurer jusqu’à la fin de sa vie. Le détail de ses états est mentionné dans ses Mâqâmat.

Lorsque Emîr Kulâl, durant la maladie qui lui fut fatale, fit allusion et indiqua aux disciples de le suivre, ceux-ci dirent : « Il ne t’a pas suivi dans le dhikr à voix haute, comment pourrions-nous le suivre ? ». Emîr Kulâl leur dit : « Tout acte venant de lui est fondé sur la Sagesse divine, et en cela, il n’a pas de choix. O toi dont je retiens les actes, j’agis, comme tu le sais, en conformité avec les paroles de Khawâjagân. S’il te fait sortir sans ta volonté propre, ne crains rien, mais si tu décides de sortir selon une initiative individuelle, soit alors dans la crainte.»

 

  Evocation de la disparition de Bahâ ad-Dîn par notre maître Mawlânâ Muskîn ( pauvre) qui fut l’un des grands de ce temps là :

Le shaykh Nûr ad-Dîn al-Khalwatî mourut à Bukhara et, alors que Bahâ ad-Dîn Naqshaband assistait à la réunion prévue pour les « condoléances », les pleurs ont augmenté et les plus faibles se sont mis à crier d’une manière peu convenable, ce qui a provoqué en lui la réprobation. Il leur a interdit de se lamenter, et chacun alors a parlé selon son état en exprimant ses condoléances. Le shaykh Bahâ ad-Dîn  a dit: « Lorsque ma vie arrivera à son terme, informez les derviches de ma mort. » A son tour Mawlânâ Muskîn déclara ; « Ces paroles sont restées dans mon cœur, constamment, jusqu’à ce que la maladie du Khawâjah l’emporte. Il est alors parti pour Kârwân sarây’nî. L’élite de ses compagnons est restée auprès de lui durant sa maladie. IL leur prêtait une attention particulière en se tournant vers chacun d’eux. Lorsque l’heure arriva, il leva les mains et dans un dernier souffle, fit une longue prière(du’â), puis, essuya son noble visage avec ses deux mains bénies. Il quitta ce monde dans cet état. »

Notre shaykh a dit que Mawlânâ ‘Alâ ad-Dîn Ghujduwânî était en présence de Bahâ ad-Dîn durant sa maladie et à ses dernier moment, alors que l’âme allait sortir… quand il m’a vu, il a dit ; « O ‘Ala, prends la nappe[ met toi à table] et mange ! il m’appelait toujours ‘Alâ. Il m’appela ainsi et j’ai mangé deux ou trois bouchés afin d’obéir, mais je ne ressentais  aucune faim dans cet état. J’ai alors replié la nappe, mais il a réouvert les yeux. Me voyant faire, il a réaffirmé ; met-toi à table et mange ! J’ai avalé encore deux bouchées et lorsque je repliait de nouveau la nappe, il me dit ; prends de la nourriture ! Il faut qu’il mange beaucoup et qu’il s’occupe beaucoup, répétant ceci quatre fois! A ce moment, les pensées des disciples en étaient à se demander à qui le khawâjah allait transmettre la guidance, à qui allait-il confier cette charge et les affaires des foqarah. Le Khawâjah perçut leurs pensées et dit : « Pourquoi me perturbez–vous ? Allâh est celui qui décrète ; ces choses là ne dépendent pas de moi. S’il veut vous faire l’honneur de cette fonction, il vous sera manifesté des signes ». Le Khawâjah’Alî Dâmâd dit alors : « Lequel fait parti des serviteurs du Khawâjah ? ».

Au moment de sa dernière maladie, le Khawâjah m’ordonna de creuser la tombe à l’endroit illuminé où il reposera. Lorsque j’eu terminé, je revins auprès de lui et pensais intérieurement : « Qui sera le Murshîd après, vers qui se déplacera l’Irshâd ? Il leva sa tête bénie et dit ; « La parole est celle que j’ai prononcé de manière définitive durant mon voyage dans le Hijaz : « Quiconque désire me voir, qu’il regarde le Khawâjah Mohammad Pârsâ ».

Deux jours après avoir dit cela, il est parti vers la miséricorde de Dieu.

 

    Le khawâjah ‘Alâ ed-Dîn al-‘Atâr ; « J’ai récité la sourate yâsîn pendant le départ du Khawâjah, et, au milieu de la sourate, les lumières commencèrent à se manifester. J’ai invoqué la parole du Parfumé, et le souffle du Khawâjah s’est arrêté. Il avait atteint la soixante treizième année et entamé la soixante quatorzième. Il disparaît le 3 Rabi’a, dans la nuit du dimanche au lundi en l’ année 791 de l’ Hégire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] « Rishahâtu ‘aînul-hayât » , traduction de R. Ghrairi.

[2] C’est à dire caché ou silencieux. Ce dhikr Khafî est une caractéristique spécifique de la Naqshabandiyyah

3 A. K. Coomaraswamy commente ainsi le passage d’un texte hindou concernant le voyage posthume de l’être vers l’immortalité (« Partant d’ici avec le Soi Prescient ( prajnenâtmanâ ), il est re-né (samabhavat ) immortel » ; En général, il est admis qu’une pleine vie ici-bas, comprise de manière sacramentelle, doit impliquer une pleine vie la-bas ; et pour cette raison la mort est traditionnellement une occasion de réjouissance plutôt que de doléance. Pour ceux qui connaissent leur Soi, il ne peut y avoir aucune peur de la mort. La manifestation d’un chagrin lors des funérailles (crémation) indienne est exceptionnelle ; lorsque a lieu une telle manifestation, même un paysan dira ; « pauvre homme, il ne connaît pas mieux. ».

 

 

 



 

 

 
< Précédent   Suivant >