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Vous devez connaître votre condition dans la tariqat

Mawlana Sheikh Hisham Kabbani

Ramadan,

23/02/1995

 

 

Audhu billahi min ash-shaitan ir-rajeem Bismillah ir-Rahman ir-Raheem.

Allah dit dans le Saint-Coran « Bismillah ir Rahman ir-Raheem.

Obéissez Allah, obéissez Son Prophète Sayyidina Muhammad, et obéissez vos dirigeants».
Ce terme signifie vos sheikhs. Et le Prophète Sayyidina Muhammad a dit dans un hadith sahih : "ad-deenu naseeha" :  "la religion c’est le conseil".
La religion n’est pas une lecture qu’un professeur donne, puis s’en va. C’est le conseil, et le conseil ne vient pas si ce n’est à travers l’expérience. Un avis ou un conseil ne peut être théorique. La personne qui donne son avis doit avoir expérimenté la chose sur laquelle il le fait. Sayyidina Shah Naqshaband a dit «tariqatuna as-suhbah wal-khayru fil-jam`iyya : notre tariqat c’est l’association, c’est garder la compagnie (entre les gens), la suhbah, l’association,  et la meilleure réunion est dans le fait de se réunir tous ensemble». Sans association, sans conseil, il n’y a aucun bénéfice.

Maintenant, chaque fois que Mawlana Sheikh me demande de dire quelque chose, je me sens gêné car vous tous, masha Allah, vous êtes des murids seniors. Vous tous avez des expériences étendues, et vous portez des étoiles sur vos épaules, comme notre frère Sheikh Ali ici présent . Vous êtes tous officiers, et il est impossible à un soldat de conseiller un officier.

Donc, plus Mawlana (me) dit : «Dis quelque chose», et plus je sens moi-même que je ne sais rien. Et c’est aussi un test pour moi, d’être ainsi placé dans un tel angle : car je sens que quoique je dise, il y a des gens qui vont accepter, et d’autres qui n’accepteront pas. Je ne veux pas dire que c’est inutile, car tant qu’il y aura une personne pour en profiter, je parlerai. Seulement, je suis aussi gêné par rapport à ceux qui ne sont pas contents de ce que je peux dire. Et ils pourraient se sentir forcés d’écouter.

J’étais très jeune lorsque j’ai rejoins Mawlana Sheikh. Ce n’est pas nécessaire de vous dire ce que j’ai vu de lui, mais ne vous attendez pas à ce que votre ego se livre avec facilité. L’ego ne se rend jamais. Et même pour celui qui dit aimer Mawlana Sheikh Nazim, son ego ne se rend pas. Nous voyageons sur de grandes distances pour venir nous asseoir auprès de Mawlana Sheikh pour dix jours ou une semaine, et il y a des gens qui voyagent durant trois jours, restent trois jours, puis s’en retournent chez eux. Et chez mêmes ces gens, pleins d’enthousiasme et d’énergie, leur ego ne s’abandonne pas. Et comment savez-vous que l’ego n’abdique pas ? .C’est facile. Lorsque le sheikh vous envoie un test. Les Sheikhs envoient toujours des tests, non pas pour savoir où vous parvenez ou si vous échouez : car ça, ils le savent déjà. Ils n’ont pas besoin des tests pour connaître votre station, car ils sont ceux qui sont derrière vous, mais ils veulent que vous sachiez où vous vous situez par-vous-même.

Si un enfant ne fait pas de chutes, il n’apprendra jamais à marcher. Nous devons d’abord tomber, et ils (les sheikhs) nous laissent tomber afin que nous puissions nous tenir debout un jour et nous avancer vers eux. La mère d’un enfant le place à une distance d’un ou deux mètres, et elle l’appelle,  et lorsqu’il marche vers elle et tombe, alors elle peut l’attraper. C’est de cette façon qu’elle l’entraîne à savoir comment aller vers elle la prochaine fois : en marchant.

Ces tests sont placés devant nous afin que nous ne perdions jamais espoir, car nous devons garder à l’esprit qu’un jour, nous allons nous rendre. Le Prophète est l’être parfait, Sayyidina Muhammad, il est l’être humain d’excellence, l’âme parfaite qu’Allah a créée : il est le Parfait et le premier en Présence Divine, il est le Miroir et la Porte de toute la création. Et pourtant, avec tout cela, sa vie a été remplie de difficultés et de luttes. 

Les Quraish sont venus le trouver et lui ont dit : «Ya Muhammad, si tu veux la santé, nous ne la donnerons. Si tu veux la Kaaba, nous te la donnerons ! Si tu veux la célébrité, nous te l’offrirons. Si tu veux une place (dans la société), nous te nommerons en tant que chef». Et il leur dit : «S’ils plaçaient le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche, je n’abandonnerai toujours pas le message». Donc, quoi qu’il se passe, nous devons nous battre pour le meilleur.
Nous devons garder nos croyances (notamment que) notre sheikh vient nous montrer la voie et nous ouvre cette voie : la voie droite. Tout d’abord, nous devons parvenir au cœur de notre Sheikh, et de son cœur au Prophète, et du Prophète à la Présence Divine. Ainsi qu’Allah l’a dit dans le Saint-Coran : «Lorsque les hommes deviennent oppresseurs les uns des autres, alors ils viennent à toi Ô Muhammad». Cela est le Saint-Coran. Le sens de l’intercession : «Ils viennent à toi Ya Muhammad, et ils se repentent à Allah».
Et c’est suffisant. Allah le dit ! . S’il suffisait seulement du repentir alors les gens pourraient s’y arrêter, mais ça ne se termine pas là. Ce n’est que lorsqu’ils se tournent vers Muhammad et qu’ils demandent pardon pour leurs actes, ce n’est qu’à ce moment là qu’ils trouvent le pardon d’Allah.

Allah le dit ! . Le verset coranique dit : «et quand ils se sont causés du tort à eux-mêmes, s’ils étaient venus à toi et qu’ils avaient demandé le pardon d’Allah,  et qu’ils avaient demandé au Prophète de quérir le pardon pour eux, ils auraient alors trouvé Allah (leur) pardonnant, Miséricordieux». «A ce moment là, ils trouvent le pardon d’Allah» : signifie la condition que le Prophète réalise la repentance de nos actes. Et les chefs auxquels Allah réfère dans le Saint Coran lorsqu’Il dit : «Obéissez Allah, obéissez le Prophète, et obéissez vos dirigeants».

Cela signifie que lorsque nous nous repentons, nous devons vraiment nous repentir dans leur présence à Allah et ils sont présents alors avec leurs prières de supplications car ils sont des personnalités pieuses et véhiculent cette repentance à Allah. Allah dit : «Ô Croyants, craignez Allah et soyez avec les gens de vérité et de confiance (les véridiques)». Allah vous pardonnera.

Nous sommes tous de petits enfants et nous tombons, nous nous relevons, nous tombons etc. Un jour debout, le jour suivant à terre, debout, à terre, debout, à terre… Et quand bien même lorsqu’il tombe, l’enfant ignore ce qu’il est en train de faire : sa mère est contente de lui, la famille et les parents sont tous contents. Ils le lavent, lui donnent un bain, lui mettent de la crème… et ils ne se lassent jamais d’élever leur enfant. Tous ceux d’entre nous, nous sommes dans les yeux de notre Sheikh comme des enfants, et c’est pourquoi il nous lave, nous rend propres, il nous met une crème qui sent bon et ce bien qu’en réalité nous sentons mauvais ! . Mais il met sur nous un parfum des plus chers.

Les gens riches n’aiment pas acheter des parfums bon marché, contrefaits ou mélangés à de l’alcool. Ils n’achètent que les plus précieux authentiques, avec le nom de la marque et de la firme inscrits dessus. Ils disent : «50 livres, c’est bien… 2livres, non ce n’est pas bon !».
 Sheikh nous parfume avec ce genre de fragrances chères et authentiques, alors ne les perdez pas et ne les gaspillez pas dans de mauvaises comportements et de mauvais caractères. Nous sommes tous encore de petits enfants : des bébés, mais parmi nous certains sont encore portés et sont comme des nouveau-nés.

D’autres rampent et se traînent par terre comme certaines créatures sur terre que je ne veux pas citer, parce qu’autrement ils vont se plaindre en disant : «Sheikh Hisham nous a traités d’animaux !». C’est parce que je suis sous une surveillance sévère : ils observent chaque mot que je dis… Ils délaissent le 99% de bon qui a été dit du sermon, et ils critiquent !. Je suis content de ces critiques, puisqu’avec elles je me corrige pour que la prochaine fois, je sois plus précis. Nous devons donc être bien équilibré, et faire attention au cœur de chacun.

Je continue : Donc, parmi nous il y en a qui marchent mais qui rampent sur terre également,  d’autres marchent et tombent… pendant que d’autres encore peuvent courir fermement. Et bien qu’ils puissent marcher, leurs mères toujours les tiennent par la main. Elles ne peuvent livrer ce tout-petit à lui-même car si elle le laisse faire, il va prendre tout ce qui a sur la table, tout détruire et saccager la maison. Quand il commence à marcher, il cause des problèmes et devient très bruyant. Sa mère et son père doivent courir toute la journée d’une pièce à l’autre pour l’attraper, car si une porte se trouvait ouverte, il sortirait et pourrait se faire tuer par une voiture. Il se ruinerait alors, et c’est l’état le plus dangereux.

Quand il devient un peu plus mature, les parents s’occupent alors de leur travail et ils lui font alors confiance dans ses actes. Et bien qu’il puisse faire encore des erreurs, elles peuvent être oubliées car désormais ce sont des erreurs mineures. Et ce jusqu’à ce qu’il devienne responsable, et la shariah a donné la responsabilité en terme d’obligations pour chaque enfant lorsqu’il atteint l’âge de 15 ans, et atteint de fait la maturité. Dans la tariqat, même si vous avez 70 ans, vous êtes toujours considéré comme un enfant qui n’a pas de vraie responsabilité. Ne dîtes pas : «J’ai été avec le sheikh durant 70 ans mais je n’ai rien acquis !». Observez ce qui a pu arriver. Vous vous êtes peut-être détruit vous-même et tous ceux qui étaient avec vous.

Précision : Sheikh Hisham veut dire que les sheikhs ne nous remettent pas notre charge spirituelle ‘amanaat’, car nous sommes incapables de les gérer à bon escient. Et plutôt nous risquons de causer de grands torts, que de biens. De fait, personne ne voit jamais de pouvoir miraculeux ou ‘karamat’ apparaître chez les mourides de Sheikh Nazim, et bien souvent nous avons la sensation de n’avoir accomplis que bien peu en termes de progression spirituelle. Ceci à contrario d’autres ‘turuqs’, où souvent ‘kashf’ – et des pouvoirs miraculeux sont accordés aux mourides et ce même dès les premiers pas sur la voie. Wallahu aalim.

Vous devez atteindre un état dans lequel ils vous autorisent de mener votre voie par vous-même. Cependant, à chacune de vos chutes, ils vous relèvent. Vous allez de toute façon tomber, c’est impossible de dire :  non, je ne ferai pas d’erreurs…. Je suis un grand sheikh maintenant, ou je suis un substitut… je suis un mourid agé, je suis un représentant et je fais le dhikr, Sheikh m’a donné la permission de faire le dhikr… Oh, me voilà devenu un gros ballon» .
Un ballon rempli d’air à l’intérieur… Psssh ! Vous êtes fini ! Vous devez être comme une fusée, déterminée, et alors rien ne pourra vous affecter, car alors vous soulevez et portez ceux qui sont avec vous dans la présence de Sheikh. «Substitut» (député) ou «représentant» du Sheikh est un gros titre.

Cela signifie que le sheikh dépend de cette personne, en sa présence et son absence, pour donner un conseil, pour guérir par la permission d’Allah, pour faire les récitations, pour signifier l’interprétation des rêves, pour guider les mourides, pour conduire le dhikr, pour donner la permission à d’autres de diriger le dhikr, et pour élever les mourides vers les stations dans lesquelles ils peuvent marcher. Pour élever les petits enfants jusqu’à ce qu’ils puissent marcher ou atteindre un âge où ils le peuvent. Alors ce substitut les emmènera et les présentera au Sheikh.

Sayyidina Khalid Al Baghdadi avait 300 substituts, des khalifas. En arabe khalifa ne signifie pas «successeurs», mais «députés» (ou substituts). Il avait donc 300 députés qu’il déployait d’Est en Ouest, et tous se nommaient mourides en présence du Sheikh. Toutefois, cette voie s’est scindée en la formation de 300 branches de tariqat Naqshbandi après la disparition de Sayyidina Khalid. Ne l’oubliez pas. Il en a résulté 300 différentes branches car tout le monde était tellement connecté au khalifa auquel ils s’associaient, celui que Sayyidina Khalid leur avait envoyé. Chacun était affilié avec tellement de force à son khalifa local, disant : «Untel est mon guide, après le Sheikh, c’est lui qui est mon guide. Je ne peux pas en accepter d’autres». Il se peut que ces autres soient supérieurs, mais parce que l’homme en question n’a aucun contact avec eux, il ne sait rien d’eux. Il était connecté à celui qu’il suivait, et celui-ci l’emmenait dans la présence de Sayyidina Khalid.

Néanmoins, certains parmi eux faisaient avancer leurs suivants comme à monture d’ânes, d’autres comme s’ils avançaient sur des chameaux, d’autres comme s’ils étaient à pied, d’autres encore en voiture, en avions, d’autres comme s’ils étaient dans une fusée… cela dépend de la capacité du substitut ou du représentant. Mais l’avènement des 300 branches après la mort de Sayyidina Khalid est à considérer comme un bienfait, une volonté,  et le secret de la Chaîne d’Or n’a atteint qu’une seule branche : ce secret n’est pas allé dans les 299 autres.

Cependant, ces 299 n’en restent pas moins connectées et c’est pourquoi dans le soufisme, il y a deux sortes de sheikhs : Shaykh ul-wilaya et Shaykh at-tabarruk. En ce qui concerne Shaykh ul-wilaya : c’est un sheikh qui détient le pouvoir de saint, le pouvoir d’élever ses mourides au niveau de sainteté, et il porte le pouvoir premier. Les autres, ce sont des sheikhs qui portent tajalli : la baraka, la grâce de la tariqat. C’est pourquoi la baraka se répand loin et s’étant, parce qu’il y a hikmah : la sagesse derrière toute chose. Un (sheikh) porte le pouvoir et le secret de sainteté, il est le seul à qui la principale branche a été donnée. C’est le secret dominant, le courant électrique capital. Cette électricité vient dans un building à partir du dehors, mais elle illumine tout le bâtiment. Chacune des lampes représente une branche, mais le pouvoir dans son intégralité vient de l’extérieur. Vous devez comprendre.

Ces branches ne donnent de la lumière que comme deux ou trois lampes. Si vous y mettez davantage (de lumière), le verre éclate. C’est la situation des 300 représentants de Sayyidina Khalid Baghdadi. L’un d’eux est le courant principal, mais les autres sont modestes : ces derniers ne brillent que dans une petite surface locale qui regroupe leurs suivants. C’est Shaykh ul-wilaya, le Sheikh de sainteté qui sera le seul à porter l’entière responsabilité de sheikh, les autres sont des sheikhs dont la fonction est de propager la tariqat à travers l’Est et l’Ouest. Et cela s’exécute par les 299 : car le dernier ne saurait être partout, et ils forment 299 branches, chacune d’entre elles est dans un lieu différent de sorte que la parole va de l’avant partout dans le monde et fait que les gens de plus en plus entrent dans la Voie.

C’est pourquoi pour toute personne qui dit : «Je suis un(e) Naqshband », doit avoir été dans la présence du Prophète et dans celle de Sayyidina Abu Bakr dans la grotte de Thaws, ainsi que lorsque le Prophète a migré de la Mecque vers Médine. C’est à cet instant là qu’a été reçu pour la première fois l’Ordre Naqshbandi : à travers Sayyidina Abu Bakr, et pour la première fois Khatim Shareef a été réalisé dans cette grotte. Toute personne qui dit : «Je suis un(e) à Naqshbandi », qu’il soit connecté à quelque branche que ce soit parmi celles-ci : par Shaykh al-baraka, il est était présent là-bas grâce à la parole. Néanmoins, le secret premier n’est qu’avec un seul.

Donc, il y en a parmi les 299 de Sayyidina Khalid Al-Baghdadi qui ont accepté que le port du secret premier l’ait été par le premier, mais beaucoup d’autres s’y refusent. Certains ont donc envoyé leurs suivants à cet être : Sheikh Ismaïl,… mais d’autres ne l’ont pas fait. De plus, ce type de branches s’est réalisé de la même façon à l’époque de Grand-Sheikh. J’étais présent parmi eux, c’était en Syrie. Beaucoup de mourides syriens de Grand-Sheikh à cette époque ont accepté Mawlana Sheikh, et d’autres par contre ont refusé. Ce n’est que de l’ego, et de l’égoïsme. Et comment allaient-ils donc accepter ? .
C’étaient de grands sheikhs, avec de gros turbans :  plus gros encore que celui de Mawlana Sheikh Nazim. Certains d’entre eux avaient 40 yards (environ 40m) sur leur tête ! Et oui… ! .

Ils étaient présents lorsque Mawlana Grand-Sheikh a indiqué sa volonté dans son testament, et dans cette semaine là il allait décéder, ils étaient présents, assis là, se bousculant et observant Mawlana Grand-Sheikh. Ils disaient : «Où sommes nous indiqués dans le testament ?». Mais leurs noms étaient inexistants. Ils restaient donc là, assis et quand Mawlana a noté le testament, ils en ont fait une copie (pour eux), ils y ont rajouté leurs noms. Je ne peux pas vous dire de qui il s’agit… C’est toujours ainsi… et nous devons donc garder le cœur ouvert.

Ainsi que l’a dit Sheikh Jamaluddin : «l’ego ne vous autorise jamais de reconnaître les faits et la vérité». Il parcours l’Europe sur ordre de Mawlana Sheikh Nazim, d’un endroit à l’autre. C’est pourquoi il expérimente ceci (dont nous parlons), et c’est cela la tariqat : la tariqat c’est l’expérimentation/l’expérience. Vous ne pouvez restez assis chez vous et dire : «Je fais mon travail… A l’université, je suis enseignant… Je fais un travail dans mon bureau... et je suis dans la tariqat : Je fais le dhikr, et je rentre le soir et je fais du dhikr… et je sais tout !». Non ! Ceci n’est pas l’expérience, car l’expérience veut dire se frotter aux autres, venir auprès des gens et s’adresser à eux afin de voir comment ils pensent, comment ils se sentent dans les difficultés (de la vie), à travers les épreuves, à travers les différentes voies d’expérimentation et c’est dans cette voie là que vous construisez votre expérience.

C’est pour cette raison que Mawlana Sheikh veut que vous voyagez, afin de prendre de plus en plus, d’apprendre de telle et telle culture. Il veut que vous soyez conscient de toutes choses concernant ladite culture avant de vous exprimer. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il vous est interdit de parler aux gens si vous ne connaissez par leur culture. Non, parlez à qui vous voulez. Mais gardez à l’esprit que vous devez restez vigilant concernant des aspects de la culture des gens que vous ignorez.

Une fois, j’étais en Amérique et un homme est venu me voir pour se plaindre.

Il m’a dit : «Sheikh, je veux vous dire ce que j’ai sur le cœur».
 Et voici ce qu’il m’a dit : «Je n’aime pas la façon dont vous nous traitez !». C’est un homme bien, et il m’apprécie… mais ce n’est pas pour dire que ce qu’il a fait était juste. Je dirai seulement une chose, cela vous montre combien l’ego est mauvais : «C’est impossible, c’est incroyable !». Il est Américain, et c’est leur façon de faire : s’exprimer sur tout, ne rien garder à l’intérieur de soi. Les Américains doivent dire ce qu’ils ressentent ou alors c’est comme s’ils allaient exploser.
Il dit : «C’est un pays libre, et nous ne sommes pas des Nazis ici. Ici, il n’y a pas de combat, vous ne pouvez pas forcer les gens». Je lui ai répondu : «Je n’ai jamais forcé personne en Amérique, personne ! ».
Il dit alors : «Non, non, non ! Vous forcez tout le monde ! ». Je lui dis : «Et en quoi ? ». Il dit alors : «Les gens, lorsqu’ils viennent vous voir au moment de Dhor ou de Asr, voire de Marghreb… Ils ont vraiment de quoi se plaindre, pour tout le monde c’est le cas. Ils sont gênés de prier… car vous interférez dans nos affaires privées». J’ai pensé alors : «Le Jour du Jugement est en train d’arriver et je suis dans de beaux draps !».  Il me dit alors : «quand nous venons vous voir, et que vous êtes en train de déjeuner à ce moment, vous mettez la nourriture devant nous pour que nous mangions et bien que nous disions non, vous nous forcez à mangez et vous dîtes ‘Assis toi, et manges’… Vous ne pouvez pas nous dire ‘Manges !’ en nous forçant. Nous sommes Américains, nous sommes dans un pays libre ! Vous ne pouvez pas nous forcer… C’est de la tyrannie, de l’oppression… Nous ne voulons pas manger !».

Dans nos pays, si vous n’insistez pas, les invités se sentent honteux de dire «oui» quand vous leur proposez à manger. Si vous n’insistez pas à manger, c’est comme si nous les offensions. Dans la culture américaine, c’est complètement l’opposé. Si vous insistez et dîtes : «Manges !», cela veut dire que vous vous mêlez de leur vie. Quand un Américain dit «non», cela veut dire qu’il ne veut pas manger, alors pourquoi le forcez-vous à le faire ?... Cet homme est donc venu me dire que ce sont les plaintes que les Américains ont à mon égard : c’est leur plainte.

Donc, d’une part chez les Américains il s’agit d’un gros problème, et d’autre part il est question de générosité pour nous. Donc Mawlana Sheikh envoie ses mourides, ses mourides seniors ou ses députés de par le monde afin de connaître d’autres pays. Car toutes les cultures doivent se diluer dans cette tariqat. Nous ne pouvons pas dire : nous sommes Américains, Français, Arabes, Allemands, Turcs, Anglais, Écossais, Irlandais, Malaisiens, Pakistanais… Il ne doit y avoir qu’un seul symbole. C’est l’amour de notre Sheikh : nous sommes tous ensemble par sa cause. C’est la grande visée, et c’est pour cette raison que Mawlana envoie tout le monde apprendre, pour acquérir de l’expérience.
 

Le plus important hadith était de l’Imam Bukhari. L’imam Bukhari n’a jamais écrit un hadith avant qu’il ait prit une douche, prié ensuite deux rakats et se soit endormi. Alors, il voyait le Prophète en rêve qui lui disait : «Place tel hadith en premier, celui-ci en second… Inscris le nom de tel chapitre : Chapitre de Wudhu… Chapitre de Zakat… Chapitre de la Salat… ».
Il n’a jamais récité un hadith sans y avoir été autorisé. Le premier hadith qu’il a placé dans un livre était «les actions d’une personne ne sont (considérées) qu’en accord avec ses intentions».

Si l’intention est formulée pour Allah et Son Prophète, il lui sera donné en concordance à son intention». Et ce même s’il peut avoir tort (dans son action) mais que son intention est bonne (il sera rétribué en fonction). «Et celui dont l’intention est pour dunya, pour le plaisir de ce monde, cette personne trouvera (à la hauteur de son intention) également. »

Les intentions sont donc d’importantes questions auxquelles nous devons accorder notre attention. Il se peut qu’une personne ne soit pas très chanceuse, mais qu’elle fait de son mieux…. Mais parce qu’elle n’a pas de chance (dans la vie), les gens le rabaissent. Dès lors, il va s’épuiser. Et c’est ce que le Prophète disait : «Prenez garde à la patience du patient, car c’est lui qui pourrait éclater». Et quand cela arrive, il devient comme un train lancé à toute vitesse : il prend et détruit tout ce qui est devant lui.

Donc, nous devons réaliser les intentions : c’est pour cette raison que le Prophète a dit : «Ne voyez toujours que les bonnes actions, et n’interprétez toujours que de la bonne façon». Ne donnez pas aux situations une mauvaise interprétation car vous ne pouvez voir les cœurs, vous ne pouvez comprendre ce qu’il y a en eux. Si vous avez une interprétation fausse, une obscure compréhension des intentions de quelqu’un, vous faîtes une erreur. Et si vous recevez toute chose avec la bonne interprétation, toute chose, alors si vous le faîte, vous pourriez être exact. C’est pourquoi nous devons être, dans la relation à Mawlana Sheikh, comme une seule main. Et non de petits-enfants qui ne font toujours que tomber, chuter, tomber, tomber etc.

Et ne dîtes pas que vous êtes humble, car si vous le dîtes lorsque vous parlez aux gens et que vous dîtes aussi : «Non, je ne sais rien, c’est TOI qui m’inspire».  Ils vous observent comme si vous étiez une poubelle. Vous devriez dire:  «Je possède le plus grand savoir parmi vous». Non, non ! Ne dîtes jamais cela en Amérique. Ne soyez pas idiot comme moi ! Aux États-Unis, si vous dîtes cela alors vous êtes finis !
Vous ne pouvez pas dire «Je suis humble», ou «Pardonne-moi ! Je suis une personne faible assise à tes côtés». Si vous venez en Amérique, invité dans une université ou ailleurs, ne dîtes jamais : «Je suis le plus faible» en essayant d’être humble. Dîtes plutôt «je suis Président !» Car c’est comme ça qu’ils pensent.

 
Ne croyez pas que Mawlana Sheikh ne peut vous entendre. S’il dirige le pouvoir de dévoilement qu’Allah a octroyé, alors il peut vous entendre parler. A la manière dont vous entendez le tonnerre, c’est la même chose qui lui est accordée ainsi qu’à nombre d’Awliyya par Allah Subhanaa Taala. N’a-t-IL pas accordé à Sayyidina Issa la capacité de voir l’intérieur des maisons des gens et leur dire ce qu’ils mangeaient ? .
N’a-t-IL pas accordé à Sayyidina Umar la capacité de voir ce qui arrivait à l’un de ses généraux à plus de 2000 km de là, et de lui parler directement disant : «Ya Sariya, al jabal – Ô Sariya, la montagne !» pour l’avertir d’une attaque imminente qui se préparait de derrière la montagne ? Et Sariya l’a bien entendu !

Personne ne peut nier cela, ça fait partie des obligations dans les croyances des Musulmans. Et même le plus stricte des savants Ibn Taymiyya dit qu’il faut croire dans kashf, et karamat les pouvoirs miraculeux des Awliyya ; c’est une condition de la foi dans son Aqidat al wasitiyya.

Tout cela (leur) est accordé, et toujours ils ne restent rien d’autres que des serviteurs. Ils ne se voient pas comme autre chose que des serviteurs : ce sont les « Abd ». Ils sont les serviteurs d’Allah. Et Allah est le Créateur… ce n’est pas comme ces Wahabis insensés que lorsque vous dîtes « un saint possède tel pouvoir », ils disent « Ah, tu dis qu’il est comme Allah ! » Ils s’imaginent qu’Allah ressemble à l’être humain : Allah est Akbar ! Takbir ! Takbir ! Allah est Plus-Grand (que tout ce que vous pouvez prétendre ou imaginer).

Allah donne aux êtres humains, aux saints… Raghman an Anfihim.


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